40

Ben voilà, fallait qu’ça arrive
Même si je n’pensais pas vivre
Jusqu’à ce putain
d’âge avançé

Il a fallu que je survive
Si loin dans mon livre
Jusqu’à ces putains
 de 40 balais

Je pense enfin être à l’épilogue
Au moment des remerciements
Merci à Dieu, et ,rire
Aux  techniciens

J’ai internet et j’ai un blog
Je suis ami avec plein de gens
Sur facebook, c’est à dire
seul comme un chien.

Le pire c’est que je l’ai cherché
Je ne s’rais pas plus heureux en ménage.
Ni plus ou moins con…
Et autant amoureux

La vie est ce qu’elle est
Il pleut un jour sur deux comme en orage
Ou des pierres ou des étrons
Et dans les grands moments, les deux

J’eus préféré ne pas vivre
Cette putain d’crise de la quarantaine
Ou peut-être que j’aurais aimé
Une fille qui me dise je t’aime
Vaut-il le coup de poursuivre
Cette route de plaisir et de haine ?
Pourquoi continuer à taper
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Quand je vois les copains
Qui sont normaux, parents, mariés
Je ne parviens pas…
À les envier
Je suis si bien dans mon bain
Avec un livre, un whisky,un CD
Sans qu’on gueule papa…
Vient me torcher.

Putain, j’ai un gros coup de blues
Je ne sais pas si c’est l’âge
Ou tout bêtement…
Le quarantième écueil.
Même si j’avais du flouze
Et des rolls plein mon garage
De beaux vetements…
Je tirerai quand même la gueule

Le temps ne fait rien à l’affaire
Comme l’a dit le grand Georges
Je suis pareil
Maintenant comme à 10 ans
Je ne peux toujours pas me taire
Et bave dans les soutiens-gorges
Des merveilles
De16 à 60 ans

Bientôt je baverai au home
centre de soin palliatif
Pisserai dans un pistolet
Ou direct sur l’alèze

avec un cancer ou un fibrôme
Et la chimio pour les tifs
Ça devrait pas tarder
Vu qu’je sucre déjà les fraises

Bon, j’arrête de me répandre
j’atténue les trémolos
Un tiers de vie ça se fête
Même si ça d’vient de la rengaine

Je suis pas bon à me pendre
Je suis pas bon, à m’mettre à l’eau
J’arrête de me prendre la tête
On s’retrouve à la cinquantaine

FIN

J-L Overney, fin 2010-mi 2011