L’artiste et l’ouvrier



L’on oppose souvent artiste et ouvrier
Et ces jugements ne sont que somme de préjugés
Et clichés des neiges d’antan
Pour qui a fait les deux, j’en ajoute un p’tit peu
En faisant un bilan du pire et puis du mieux
Pour enfin bien choisir mon camp

On sait que les ouvriers sont tous des alcooliques
Tandis que les artistes sniffent d’la coke et se piquent
Dans les deux cas, ils ont raison
Si l’peintre en bâtiment s’abreuve de sagres
C’est pour faire passer l’amiante qui l’agresse
Le graphiste c’est pour rester con

Les artistes parlent d’eux à la troisième personne
Mais vu que grâce à xxxx , ça n’intéresse personne
Ils écrivent des chansons
C’est pas d’l’eurovision, c’est d’l’intellectuel
Si tu veux, c’est plus près d’BHL que de Brel
C’est pas des chansons pour maçon

Les ouvriers n’ont jamais le spleen mais la blouse
Tant qu’ils peuvent remettre un petit coup d’clé d’douze
Et ils continuent vaille que vaille
Les artistes sont fragiles, limite un peu tapette
Et s’habillent en corbeau, jamais en salopette
Le noir est leur bleu de travail

Lorsqu’un artiste se plante, ça devient Guernica
Ou si c’est une chanteuse, c’est du sous Madonna
Ça ne porte pas à conséquence
Alors, que sous-payé, quand un mécanicien
Oublie de serrer les boulons d’un gradin

Vaux mieux éviter le stade de France

Les ouvriers n’ont aucune imagination
Mais j’avoue que je préfère ça quand ils font mon plafond
Si je veux la chapelle Sixtine
J’attend la fin du chantier et quant tout est o.k.
J’offre une bière, pas un livre, à tout les ouvriers
Le doigt de xxxx je me le dessine

La plupart des écrivains se prennent pour Rimbaud
Mais pour ce qu’ils ont à dire, je préfère le mime Marceau
Ou mieux encore, sa fille Sophie
La plupart des ouvriers n’ont aucune culture
Ils causent de footbal, de camions et d’voitures
Et bien sur, des seins de Sophie

En guise de conclusion, à ce trop ce long bilan
Je dirais qu’être ouvrier, pour moi c’est vraiment chiant
Et que les artistes se la pètent
Si l’occasion se présente, pour payer mon loyer
Sans aucune prétention, de faire des p’tits Mickey
Ce serait tous les jours la fête

Au cas ou des prolos aimeraient mes dessins
Et qu’ils aiment leur boulot autant que j’aime le mien
On peut sûrement trouver notre bonheur
Ils peuvent venir refaire ma salle de bain
L’endroit ou j’adore lire un bon bouquin
Loin des bruits de marteau-piqueur


J-L Overney , le 11 octobre 2009