Une ride

Debout dans la salle de bain
Nues , fatiguées et désirables
Ou dans le miroir du sac à main
Elles s’maquillent d’un geste impeccable
Il y a toujours une retouche
« Je ne peux pas sortir comme ça »
Au coin des yeux ou de la bouche
Encore un peu de mascara
Elles ne s’rendent pas compte qu’une ride
De sourire est plus sensuelle
Que le lobe encore humide
D’une oreille de pucelle
Et que les marques du temps cruel
Dessinent un royaume ancien
Dont on arpente les ruelles
En quête d’un trésor païen

Une remarque les inquiète
Dans la glace elles s’inspectent
Une remarque les inquiète

Femme mure aux yeux cernés
N’envie surtout jamais ta fille
Car il lui reste à affronter
Toutes les horreurs de la vie
Qui t’ont faite aussi hermétique
Qu’un sarcophage de déesse
Et j’ai un plaisir hérétique
À le violer avec tendresse

Une remarque les inquiète
Dans la glace elles s’inspectent
Une remarque les inquiète

J-L Overney, le 6 décembre 2005